LES POSTES A AMPLIFICATION DIRECTE

La commercialisation des récepteurs "grand public" utilisant le principe de l'amplification directe à été assez brève (de 1928 à 1934). Ce type de récepteur a été rapidement supplanté par le "superhétérodyne".

Certains de ces appareils sont très recherchés par les collectionneurs pour l'esthétique de leur ébénisterie, très typique des années 1930. En particulier la marque PHILIPS...

PHILIPS 834 (1933)

PHILIPS 720 (1932) et HP 2109

PHILIPS 830 (1932)
 Principe.

Le principe de ces récepteurs est assez simple. Pour obtenir la sensibilité et la sélectivité de la détectrice à réaction sans ses inconvénients (réglage délicat), il a faut augmenter le nombre d'étages amplificateur Haute Fréquence et le nombre de circuits accordés.

Le schéma ci-dessous donne la structure d'un tel récepteur (seuls sont représentés les composants caractéristiques du montage).

 

Les condensateurs d'accord sont couplés sur le même axe

Le nombre de circuits accordés varie de deux (le plus souvent) à quatre sur les récepteurs de grande qualité.

L'apparition de lampes "à grille écran" (tétrodes et penthodes) permet d'obtenir un gain très important en Haute Fréquence.

Les inconvénients de l'amplification directe.
Nécessité d'un blindage parfait
pour éviter des couplages magnétiques entre les divers étages d'amplification.
Comme pour la détectrice à réction, de tels couplages entraînerait des "accrochages" (production d'oscillations) rendant le récepteur totalement inutilisable.
Ces accrochages sont d'autant plus à redouter que les circuits d'accord travaillent tous sur la même fréquence .

 

L'imposant blindage des bobines des 2 circuits accordés du PHILIPS 834. La disposition à angle droit des bobines est encore une précaution pour éviter le couplage des deux circuits.
Blindage aussi des têtes de lampes à grille écran et du corps des lampes par la peinture dorée qui est conductrice.

Blindage sous le chassis des deux condensateurs d'accord.
Des cloisons métalliques séparent les composants de chacun des deux étages Haute Fréquence.

 

Plus grave :
Il est impossible d'obtenir de bonnes caractéristiques de sélectivité tout au long d'une gamme de fréquence. En effet, le rôle des circuits accordés n'est pas de sélectionner
une fréquence particulière mais une bande de fréquence, large de 9 kHz, autour de la fréquence de l'onde porteuse de l'émetteur (fo).

* une bande passante trop étroite permet de bien séparer les émetteurs mais altère la qualité sonore (manque d'aigues).
* une bande passante trop large favorise la qualité sonore mais n'offre plus assez de sélectivité pour séparer les divers émetteurs.

La "bande passante" est déterminée par des critères très précis sur la valeur des bobines et des condensateurs d'accord. ll est impossible de réaliser ces critères pour toutes les fréquences d'une même gamme d'onde, puisque les condensateurs d'accord sont variable.

 

Les avantages.
Dans les années 1930, les constructeurs mettaient en avant la pureté du son, par comparaison avec les montages concurents "superhétérodynes" qui n'étaient pas encore au point. Avantage justifié au début des années 1930 mais qui va disparaître rapidement.

Un circuit LC supplémentaire était souvent nécessaire pour améliorer la sélectivité du récepteur.

Circuit déja présent dans le récepteur sur le panneau arrière de certains récepteurs PHILIPS. Ce circuit, entre l'antenne et le récepteur, était utilisé comme "réjecteur", pour éliminer une station locale puissante dans la gamme des Petites Ondes.

Boitier extérieur, contenant un circuit LC, à brancher entre l'antenne et le récepteur (PHILIPS 4180). 

PHILIPS 636 (1933)
Très belle réalisation : 4 circuits accordés, contrôle automatique de sensiblilité (CAG), réglage silencieux entre les stations

Après une courte lutte des derniers défenseurs de cette formule, l'amplification directe laisse la place au superhétérodyne.
On trouvera cependant quelques montages économiques à amplification directe jusqu'en 1940.

Amusant ... Extait d'un numéro de TOUTE LA RADIO de 1934 (page 267) :

... l'atout principal de l'amplification directe, c'est quelle ne comporte qu'une seule détection (*), agissant sur des signaux déja trés puissants. Or on sait de mieux en mieux que la grande coupable des altérations de la musique, c'est la détection et la première détection (ou modulation) du super qui travaille dans des conditions particulièrement défavorables.
Le rôle de cette modulation est de mélanger des courants ? Eh ! Elle ne s'en prive pas ! A la porteuse et la la fondamentale de l'oscillation locale, elle mélange tout ce qu'elle trouve : les ronflements de l'alimentation, les oscillations qui passent outre la présélection, les harmoniques de l'oscillateur, ceux (qu'elle fabrique) des émissions reçues, les parasites, les irrégularités d'émissions électroniques, les crépitements des filaments, les retours de basse fréquence de l'alimentation, que sais-je ?
... la technique récente a beaucoup amélioré la situation, mais non définitivement. Il reste que des sifflements, du "souffle", un tissu de petites imperfections, composent le fond de la réception des superhétérodynes courants. Le récepteur à amplification directe échappe, pour une bonne part, à ces défauts.
Et voila pourquoi nous présentons le "Direct" TR 85 ... (signé B. PIERRE)

(*) on expliquait alors le fonctionnement du superhétérodyne par une "première détection", parfois par une "modulation". DUCRETET appelait d'ailleurs ses premiers récepteur du type superhétérodyne des "Radio Modulateur".

... et méchant ... Dans le même numéro (page 289) :

... La technique radio électrique n'est pas immuable, et, si l'on peut être en retard sur elle - certains nous en donnent d'affligeantes preuves - on peut aussi être en avance.... Il va de soi qu'un poste juste-milieu implique,..., une sélectivité poussée : ce sera un superhétérodyne.... (signé : Ray SARVA)

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