VI - 1927 - LA BIGRILLE

VI.1 - LE TRIOMPHE DE LA BIGRILLE

Les C119, C119 bis et super-C119 sont toujours là, des postes de réception sûrs, d'un montage classique, ils ont fait leurs preuves. Mais au salon de la T.S.F. de cette année 1927, c'est le SUPERHETERODYNE à 5 lampes (1 bigrille, deux moyennes fréquences, une détectrice et une basse fréquence), réception sur cadre, qui est le champion.

BIGRILLES : Elles sont facilement reconnaissables à leur large culot 5 broches.

C'est la lampe utilisée comme premier étage des postes "superhétérodyne". Une seule bigrille assure les fonctions d'oscillatrice et de mélangeuse.

On a aussi utilisé des bigrilles dans de petits postes portatifs en amplificatrices ou détectice car elles se contentent d'une faible tension anodique (12 à 24V). On trouve encore de telles descriptions dans des revues d'amateurs en 1939! Exemple

Les bobinages extérieurs n'apparaissent plus que sur les postes bon marché, pour les récepteurs sérieux, ils sont intérieurs, commandés par des combinateurs à plots.

Superhétérodyne RADIO LL

Les superhétérodyne à 5 ou 6 lampes sont suffisament sensibles pour fonctionner sur "cadre". Le "cadre" est moins sensible aux parasites qu'une antenne et son effet directif permet ,en l'orientant correctement , de supprimer une éventuelle station puissante qui gêne la réception d'une émission lointaine.

Réglages limités au minimum (agrandir la façade) :
- commutateur PO/GO au centre,
- chauffage collectif des lampes : "ALLUMAGE" (le plus faible possible compatible avec la qualité sonore, pour économiser les lampes),
- sensibilité : "RENFORCEMENT",
- les 2 condensateurs variables : "HETERODYNE" et "ACCORD".

La recherche d'une station est assez déroutante...
A une position donnée du condensateur "HETERODYNE" correspond 2 fréquences différentes. Il faut sélectionner la fréquence souhaitée avec le condensateur "ACCORD".

 

 Pour l'alimentation l'usager a le choix entre :

 

Solution 1 : les accus 4V et 80V, le chargeur automatique branché en permanence entre le secteur électrique et le poste, muni d'une manette à 4 positions : ECOUTE - ARRET - CHARGE ACCUS 4V - CHARGE ACCUS 80V .

 Solution 2 : l'accumulateur de 4 V toujours pour le chauffage des filaments et la pile de tension plaque de 90 V avec prises (multivoltage).

 Solution 3 : Accumulateur de 4 V et appareil de tension anodique (plaque) sur secteur.

 Solution 4 : Le bloc d'ALIMENTATION TOTALE sur le secteur alternatif.

 

A gauche : un chargeur d'accus 4 Volts (marque FERRIX)

 

VI.2 - LE SALON DE LA T.S.F. 1927

 Si vous voulez bien me permettre cette expression, c'est le salon des trucs en DYNE : les appareils présentés à ce salon sont baptisés TROPADYNE, SUPERHOTODYNE, SUPRADYNE, NEUTRODYNE, SELECTADYNE, CRYPTADYNE… j'en passe et des meilleurs…

Les montages "SUPER " (superhétérodyne), à changement de fréquence par bigrille sont en tête.

Signalons que certains constructeurs présentent des montages montés sur verre, ce qui permet à l'amateur d'admirer le câblage et les différentes pièces détachées qui ne s'appellent pas encore " composants ".

 Notons aussi, présentées par certains établissements, de pièces détachées (Ets Guillon), les " pochettes T.S.F. " destinées à l'amateur. Ces pochettes correspondent aux montages les plus connus et contiennent la liste du matériel à se procurer avec un plan de câblage (connexions repérées et numérotées). Du KIT avant la lettre.

 Les marques de constructeurs dans ce salon 1927 : RIBET et DESJARDINS (matériel UNIC), PHAL, RADIO LL, PIVAL, VITUS, CROIX, FOTOS-GRAMMONT… Que tous ceux que je ne puis citer me pardonnent.

Mais sachez que si nous avions eu 90 exposants en 1924, 110 en 1925, 196 en 1926, avec ses 415 exposants de la section électricité T.S.F. à cette foire de paris 1927 la radio n'a pas du tout mauvaise mine.

 

VI.3 - LES ONDES COURTES

Depuis 1921 les longueurs d'ondes de plus 200 m sont exploitées par les services publics. On recherche à cette époque la portée des émetteurs dans les grandes longueurs d'ondes 20 000 mètres pour les transmissions vers l'Amérique. C'est aussi l'époque ou l'on est pas avare des kilowatts.

Pour les communications avec les navires, on s'en tient à 300/600 mètres. Donc les longueurs d'ondes au dessous de 200 mètres sont laissées à la disposition des amateurs qui commencent à communiquer entre eux sur des distances de 50 à 100 km.

Un jour au hasard d'une communication avec un voisin, l'amateur capte un autre " mordu " qui émet à un millier de kilomètre. La possibilité des ondes courtes est entrevue et les amateurs ne se trompent pas sur la valeur de la portion congrue qu'on leur laisse en pâture avec quelque mépris et passent aux actes.

En 1922 un concours de transmission sur ondes courtes avec moins de 500 Watts de puissance, d'un côté à l'autre de l'Atlantique, donne des résultats prometteurs.

En 1923, M. Deloy sur 100 m de longueur d'onde et 100 Watts de puissance seulement établit une liaison aller et retour avec le continent Américain.

En 1924 M. Louis à Orléans réussit également la double liaison transatlantique.

En 1927, le 9 novembre à 19 H TMG, première liaison par ondes courtes entre France et Madagascar par " 8HL " de Tananarive et " 8JF " de Vernon (M. Pépin), tos deux membres du " REF " (Réseau des Emetteurs Français).

  Il est juste de dire que les savants, les chercheurs, depuis Branly, n'avaient pas négligés totalement les ondes courtes. Marconi avait même tenté d'utiliser les ondes très courtes à l'aide de miroirs à la façon des ondes lumineuses.

Chargé par le gouvernement anglais de relier par T.S.F. la métropole aux Dominions et Colonies, Marconi adopte en 1917 les longueurs d'ondes suivantes :
Angleterre - Australie : 25 mètres,
Angleterre - Afrique du Sud : 16 et 24 mètres,
Angleterre - Canada : 16 et 32 mètres,
Angleterre - Indes : 16 et 35 mètres.

VI.4 - RADIO RALLYE

En prélude aux postes auto-radio, voici le premier rallye automobile du dimance 12 juin 1927. Rallye organisé par le journal l'ANTENNE avec le concours de DIMANCHE AUTO. De la place de la Concorde à l'autodrome de Monthléry, 277 km qui passent par Pontoise,

Anvers sur Oise, Méry sur Oise, Garches, La Queue en Brie, Montmorency, Brus sous Forge.

But poursuivi par les organisateurs du Rallye : éprouver sur des voitures automobiles parcourant de mauvaises routes, des récepteurs de T.S.F. d'amateurs ou de constructeurs.

Les concurrents doivent tenir la moyenne de 45 km/h et capter les messages transmis par le poste émetteur de RADIO-VITUS à 10 H, 11 H, 13 H, 14 H et 15 H.

A l'arrivée, les postes de réception sont testés et doivent se trouver en bon état de fonctionnement.

Il est à remarquer que nous n'en sommes qu'au stade du " semi-portatif ", si j'ose ainsi m'exprimer. En effet, les concurrents (à quelques exceptions près) sont descendus de voiture à l'heure fixée pour l'émission et ont dû installer antenne ou cadre et prise de terre pour capter RADIO-VITUS.

Sous la capote de leur torpédo quelques astucieux ont installé une nappe de fil formant une antenne qu'ils trouvent toute prête à l'arrêt.

La réception en marche a été tentée avec succès par certains.

A noter la présence de motocyclistes, écoute sur casque pendant le trjet bien entendu.

Un autre "Raid" : la traversée de la France et de l'Espagne par le capitaine Anglais Léonard F. Plugge...

VI.5 - LES POSTES VALISES

D'une expérience comme celle du radio-rallye, il faut retenir l'effort des constructeurs pour présenter sous un volume réduit, le poste portatif qui va prendre le nom de " poste-valise ".

Avec le radio SNAP et autres boîte munies de poignées, l'idée est lancée, mais il y a les piles extérieures qu'il faut brancher, l'antenne à accrocher à un support de rencontre… nous sommes loin de la perfection.

Avec le poste-valise nous avons enfin un récepteur compact.

Au début, étudié spécialement en vue de son utilisation sur voiture automobile, il est normal que le chauffage des lampes ait été pris sur la batterie du véhicule et que l'antenne constituée par une vingtaine de mètres de fil de cuivre soit à l'intérieur de celui-c-. Mais nous allons passer bien vite à l'autonomie complète.

Notre poste valise du poids respectable de 20 à 25 kg et dont les dimensions sont longueur 70/75 cm, hauteur 35/40cm, profondeur 22/25 cm, ne comprend pas de prise extérieure.

 La pile de 80 V destinée à la tension plaque et l'accumulateur 4 V à liquide immobilisé pour le chauffage des filaments de lampes sont également invisibles, à l'intérieur du poste, mais un voltmètre nous renseigne sur leur état.

A mon sens, la révolution dans la présentation de ces récepteurs, c'est le diffuseur incorporé. cette solution (souvent aux conséquences néfastes comme nous aurons l'occasion de le voir par la suite) ne sera d'ailleurs pas mise en application dans la construction des postes d'appartement.

Pour le poste valise, les montages proprement dits vont du super-réaction 2 lampes au changeur de fréquence bigrille à 7 lampes, en passant par les montages classiques à résonance.

En résumé, une étape de plus, le progrès marque un nouveau point.

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