III - LA LAMPE TRIODE

Et d'abord, pourquoi " lampe " ? Mais tout simplement parce que la première triode, la T.M. éclaire, son filament en tungstène chauffé sous 4 Volts et consommant 0,7 Ampères, donne une petite lueur que connaissent bien les poilus de 1917 qui dans les tranchées on eu l'occasion de se servir du fameux amplificateur " 3 Ter ".

 

III.1 - 1922 : LA T.M. AU PUBLIC

La lampe T.M. (Télégraphie Militaire), la " loupiote " qui a rendu d'inestimables services pendant la guerre, la voici dans le domaine public, mais son prix d'achat de l'ordre de 22 à 25 Frs 1922 fait souvent reculer l'amateur, sa durée de vie qui va de 90 à 100 heures n'est pas pour l'encourager.

Et pourtant, qu'il serait agréable d'amplifier à la sortie de notre poste à galène, pour mieux entendre, surtout dans la journée.

Et le voici monté cet amplificateur basse fréquence à 1 lampe, à la sortie duquel le casque va nous donner une première notion de puissance de réception l'écoute " casque sur table ".

Des amateurs chevronnés construisent dès 1921/22 des postes à 4 ou 5 lampes, mais la consommation en courant de chauffage de ces lampes reste le problème numéro 1.

On essaie de tourner la difficulté en alimentant les lampes séparément à grand renfort de rhéostats ou encore en mettant hors service la " lampe détectrice " (une lampe de moins à chauffer), la bonne galène étant suffisante pour cette fonction. Même à régime réduit, si l'on peut dire, la consommation avec les T.M. est encore exagérée et les accus sont vite " à plat ".

La lampe T.M. fabriquée dès le début de la grande guerre voit sa production passer en 1918 à 1000 unités par jour.

 

 

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Photo

Poste à galène

Amplificateur Basse Fréquence avec lampe T.M.

Peut fonctionner comme un simple poste à galène.

Pour faire fonctionner la lampe amplificatrice, il faut ajouter une batterie de chauffage de 4 V et une "batterie de plaque" de 40 à 80 V.

 

 

 

III.2 - 1923 : LA LAMPE RADIO-MICRO

En 1923 apparaît la lampe RADIO-MICRO, filament thorié, elle ne consomme plus pour son chauffage que 0,06 Ampères sous 4 Volts. C'est merveilleux… les lampes vont se multiplier au sommet des postes récepteurs de T.S.F.

Merveilleux, certainement; pratique c'est autre chose.

La maîtresse de maison qui avait été conquise par les premiers balbutiements de cette radiophonie naissante est bien moins enthousiaste quand elle se rend compte qu'accessoires après accessoires, son bricoleur de mari transforme la salle à manger familiale en laboratoire encombré de fils et que l'acide des accumulateurs (qu'il faut bien déplacer pour les faire recharger) ne vaut rien aux tapis.

Quant à ce qui est de faire sortir du haut-parleur autre chose que des sifflements, seul le maître en est capable… après combien de tâtonnements.

La complexité des réglages à effectuer pour obtenir une réception convenable, fera écrire à un éditorialiste :

" Pour obtenir un résultat, il faut en radio, être au moins trois : un signal à recevoir, un appareil de réception et quelqu'un qui sache tourner les boutons ".

Revenons à notre RADIO-MICRO, c'est encore une lampe non spécialisée, une lampe à tout faire, la lampe passe-partout, comme était la T.M. Elle rempli indifféremment les fonctions d'amplificatrice haute fréquence, de détectrice ou d'amplificatrice basse fréquence. Bien entendu, les amateurs essaient de changer la position des lampes sur le récepteur puisqu'elles sont interchangeables et décide que celle-ci est à sa place en détection tandis que celle-la convient mieux, utilisée comme lampe de sortie.

 

 

Photo

Ensemble de réception en 1924

A gauche devant, les "batteries de plaques" de 80 V (40 tube en verre, remplis d'acide sulfurique avec électrodes en plomb).

A gauche, à l'arrière, la batterie de chauffage 4 V.

Au centre le récepteur équipé de 4 lampes "RADIO-MICRO".

A droite le haut-parleur en "col de cygne".

... et il manque tous les fils de liaison entre le poste et les batteries, la Terre et l'Antenne...

 

 

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